Présentation du référentiel sur la langue des signes

Ministère de l'Education Nationale, 13 février 2002

Note de présentation des travaux d'adaptation à la langue des signes française du cadre européen commun de référence pour les langues

L'objectif de ce travail est de contribuer à donner à la langue des signes française (LSF), un statut analogue à celui des 43 autres langues européennes pour lesquelles ce référentiel de compétences a été validé par la Commission européenne.
Le Cadre européen commun de référence pour les langues, référentiel de compétences commun aux langues utilisées dans le cadre européen, est un excellent outil, car il développe et décrit des compétences communicationnelles qui sont à la fois transversales à toutes les langues et universelles. Il apparaît donc naturel que la LSF puisse s'intégrer dans ce cadre.
Néanmoins, la spécificité de la LSF a rendu indispensable un certain nombre d'ajustements liés à deux caractéristiques originales :
- le fait que la LSF ne soit pas une langue vocale, mais visuelle, appelait un travail sur tout le vocabulaire lié à l'émission de la voix et imposait de transposer ces éléments lexicaux dans le domaine visuel. Il s'agissait de formuler dans le registre d'une langue visio-gestuelle des compétences décrites dans le registre d'une langue audio-vocale;
- le fait également que la LSF n'ait pas actuellement d'écriture conduisait à la transposition de toutes les compétences du domaine de l'écrit dans une problématique différente, celle de la trace et de l'enregistrement.

Dans la perspective du Cadre européen commun de référence pour les langues, l'apprenant d'une langue différente de sa langue maternelle développe des compétences communicationnelles, qui seront ensuite mises à l'épreuve face à des locuteurs natifs.

Nous avons voulu pour la LSF nous situer encore une fois dans une logique équivalente en considérant que l'apprenant de LSF rencontrera des signeurs expérimentés et que son niveau de compétence en langue des signes dépendra de sa plus ou moins grande aptitude à comprendre et à se faire comprendre des interlocuteurs.

Ce document sera soumis à une expérimentation auprès de 1 000 élèves afin de s'assurer qu'il répond bien aux besoins pédagogiques de l'enseignement de la langue des signes.


 

Cadre européen commun de référence pour les langues

Apprendre, enseigner, évaluer

Ce document, résultat d'une recherche menée pendant plus de dix ans par des linguistes de renom dans les 43 États membres du Conseil de l'Europe, est un instrument pratique permettant d'établir clairement les éléments communs à atteindre lors des étapes successives de l'apprentissage ; c'est aussi un instrument idéal pour la comparabilité internationale des résultats de l'évaluation. Le Cadre fournit une base pour la reconnaissance mutuelle des qualifications en langues, facilitant ainsi la mobilité éducative et professionnelle.

Le Cadre est un document qui décrit aussi complètement que possible

  • Toutes les capacités langagières
  • Tous les savoirs mobilisés pour les développer
  • Toutes les situations et domaines dans lesquels on peut être amené à utiliser une langue étrangère pour communiquer.

Le Cadre est très utile aux concepteurs de programmes, aux auteurs de manuels scolaires, aux examinateurs, aux enseignants et aux formateurs d'enseignants - enfin à tous ceux concernés par l'enseignement des langues et par l'évaluation des compétences en langues.

Il permet de définir, en connaissance de cause, les objectifs à atteindre lors de l'apprentissage et de l'enseignement d'une langue, et de choisir les moyens pour y parvenir.

Télécharger la partie du document concernant le langage des signes (fichier au format .pdf - 121 ko)

Vous pouvez aussi consulter le document complet sur le site du Conseil de l'Europe : http://www.coe.int/T/F/Coopération_culturelle/education/Langues/Politiques_linguistiques/default.asp


 

Extraits des discours de présentation

Mercredi 13 février 2002; Ministère de l'Education Nationale

J.Lang

Nous avons demandé que l'on réalise un référentiel " ... "de compétence des élèves en LS.
Ce sera le préalable indispensable à l'élaboration d'un diplôme pour les professionnels qui l'enseignent "
...
" Pour donner une assise incontestable à ce travail, nous avons choisi le cadre de référence pour les langues conçu par le Conseil de l'Europe. Le Centre International d'Etudes Pédagogiques de Sèvres, nous a aidé à inscrire la LSF dans ce que l'on appelle le porto-folio européen des langues. "

"... Une prochaine circulaire pédagogique permettra de présenter, de développer les diverses options pour l'éducation des jeunes sourds. "

" .. la LS que nous voulons pleinement reconnaître a tout à gagner de ce surcroît de rigueur auquel tous ceux qui sont ici, les scientifiques qui nous aident, les linguistes qui nous aident, apportent leur contribution, leur savoir et leur intelligence. "

" C'est une volonté politique et morale forte qui nous anime aujourd'hui et elle est irréversible. Nous prendrons toutes les mesures pour que ce que nous vous annonçons aujourd'hui devienne réalité. "


Mme Pagliante.(CIEP)

" Le programme de travail du Conseil de l'Europe inclut naturellement le secteur éducation. Dans ce secteur éducation, existe une division des langues vivantes qui est chargé de tous les projets du conseil de l'Europe concernant l'enseignement, l'apprentissage et l'évaluation des langues. Les experts de la division langues vivantes ont mis plusieurs années, plus d'une dizaine d'années pour élaborer un cadre commun de référence pour l'enseignement, l'apprentissage et l'évaluation des langues. Ce cadre européen commun est adopté aujourd'hui par 47 pays, les états membres qui ont signé les accords éducatifs avec le Conseil de l'Europe, adopté de diverses façons, soit dans les programmes d'enseignement, soit dans les certifications et les diplômes, soit dans les manuels d'apprentissage. "

" Concrètement, le cadre définit 6 niveaux de compétences en langue, quelle que soit la langue apprise. "
" ... Le cadre de référence permet ainsi de définir, d'une façon reconnue et adoptée par l'Europe les objectifs à atteindre lors de l'apprentissage et de l'enseignement et permet également de choisir les moyens que l'on souhaite adopter pour faire progresser cet apprentissage. C'est pourquoi le travail qui a été engagé sur la LS pouvait s'inscrire tout à fait naturellement dans ce cadre qui est en fait une base commune, un outil conceptuel qui permet lui-même d'élaborer d'autres outils concernant l'apprentissage, l'enseignement ou l'évaluation en langue. "

" La finalité du Conseil de l'Europe à travers ce travail est clairement définie. Il s'agit tout d'abord d' encourager et favoriser le plurilinguisme, l'apprentissage de plusieurs langues dès le plus jeune âge. Cela a donné lieu à l'élaboration de porte folio des langues dont on aura sans doute l'occasion de reparler un peu plus longuement. Donc la première finalité : favoriser et encourager le plurilinguisme, la seconde, évidemment, former de futurs citoyens européens plurilingues dans un esprit de tolérance et de respect pour autrui, favoriser également la mobilité éducative et professionnelle et améliorer la communication et la compréhension mutuelle entre les personnes afin essentiellement d'éliminer la discrimination et la xénophobie . Donc le travail, me semblait-il sur la LS correspondait parfaitement à ces finalités. "

" Bernard Cerquiglini qui connaît parfaitement les travaux du conseil de l'Europe et le cadre européen commun de référence pour l'enseignement, l'apprentissage et l'évaluation des langues a été sollicité par ce groupe de travail " ...


Mme Fournier

" ...Le document qui vous est présenté aujourd'hui .....a pour objet de caractériser les compétences des élèves dans des situations de communication en LS. C'est donc la première étape qui nous a paru fondamentale. Ce document est le résultat d'un travail d'adaptation pour la LS , ...... " "L'objectif de ce travail est de contribuer à donner à la LS un statut analogue à celui des 47 autres langues européennes pour lesquelles ce référentiel de compétences a été validé par la Commission Européenne "

..... " la LS, qu'elle soit française ou d'un autre pays, est une langue qui est visuelle. Donc cela a nécessité un travail sur l'ensemble du vocabulaire lié à l'émission de la voix et a imposé de transposer des éléments lexicaux dans le domaine visuel, à les retransposer par rapport aux éléments qui étaient liés à l'émission vocale. "

" ...... les signeurs sourds qui ont la langue des signes comme langue maternelle sont relativement peu nombreux. Car la ls n'est pas une langue héréditaire dans le sens où on l'entendrait pour les langues nationales, régionales. Elle ne se transmet pas systématiquement de père àç fils puisqu'elle est liée au handicap de la surdité et que la surdité ne se transmet pas de génération en génération. Donc au lieu de parler de locuteurs natifs,nous avons préféré stipuler des " signeurs expérimentés " et nous rentrons dans la même logique qui est décrite dans le document initial, à savoir que les jeunes apprenants seront confrontés dans leurs compétences communicationnelles de compréhension, d'écoute, d'expression face à ces signeurs expérimentés ".

" .... ce document......va faire l'objet d'une expérimentation qui va certainement toucher 1000 élèves environ qui seront répartis dans différents cycles d'enseignement du primaire, collège, lycée, dans le but de s'assurer qu'il répond à des besoins pédagogiques de structuration des enseignements de langue des signes, des niveaux de compétence, une programmation des contenus, une évaluation des apprenants, et naturellement ces différents questionnaires nous seront retournés et nous verrons quel a été l'accueil fait par ces élèves et par les équipes pédagogiques. "

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